25
Sep-2021

43èmes Régates Royales de Cannes : Un très grand millésime !

COMMUNIQUE DE PRESSE 24/09/21

 

Organisées par le Yacht Club de Cannes, les 43èmes Régates Royales se poursuivent jusqu’au 25 septembre. Si ce vendredi, la rade de Cannes a été caressée par un léger zéphir, les comités de course ont réussi à faire courir les 120 concurrents sur trois des quatre ronds de course. Demain samedi pour l’ultime journée d’une édition d’exception, un vent d’Est tonique devrait s’inviter pour clore cette semaine de fête.

 

On aurait tendance à un peu les oublier. Dans l’ombre des immenses plans William Fife et autres qui focalisent la lumière, ils sont amarrés quai Saint-Pierre, entretenus et menés par des régatiers passionnés, et ont écrit les belles pages du yachting dans les années 70-80, brillant dans toutes les grandes courses du RORC et de Méditerranée, de l’Admiral’s Cup à la Giraglia ou la Semaine Internationale de Marseille. Ils ont gardé leurs noms de baptême – Timia, Resolute Salmon, Palynodie II, Argos, Sagitarrius, Arcadia III… – été dessinés par les plus grands architectes de l’époque, Illingworth, Carter, Stephens, Chance, Mauric… et construits par des chantiers dont les appellations sonnent comme de grands crus classés. Rutilants et tirant sur leurs amarres, bouts parfaitement lovés et grand-voile protégée par un taud beige uniforme, on a envie de les comparer à ces voitures de collection type Ferrari, Jaguar, Porsche, Alpine, Lancia… qui perpétuent la légende des sports mécaniques, et brillent encore de mille feux. Tous régatent dans la catégorie « Classics Marconi de moins de 15 mètres », mais contrairement aux voiliers modernes d’aujourd’hui, sont aussi conçus pour faire de la vraie croisière. Les emménagements sont à la fois sobres et confortables, l’on trouve du teck et de l’acajou à tous les étages, et ces voiliers puissants extrêmement marins, sont habitués à affronter les rafales de mistral typiques de la Méditerranée occidentale. C’est le cas de Palynodie II, un plan Olin Stephens de 12,15 mètres dessiné en 1961 et construit pour Gaston Deferre, fou amoureux de voile et de course. Le maire de la cité phocéenne durant plus de trente ans et trois fois ministre, avait commandé ce sloop racé à l’architecte américain le plus en vogue du moment, surveillant sa construction au chantier Chabbert dans l’anse du Pharo à Marseille comme le lait sur le feu, avec l’objectif notamment de remporter la Giraglia… et battre sur leur terrain les marins italiens. Gaston Deferre barrait lui-même son bateau, n’hésitant pas à faire venir les plus grands noms de la voile, à commencer par Eric Tabarly, afin de l’améliorer et l’optimiser, mais n’a jamais pu s’imposer entre Toulon et San Remo, bien que triple vainqueur du championnat de Méditerranée. Racheté il y a quelques années par Henri Ferbus, Palynodie II basé à Sanary-Sur-Mer, été restauré sans la moindre modification, avec beaucoup d’huile de coude, et un budget modeste. Il faut préciser que ce voilier est classé « monument historique ». Le mât d’origine accuse 60 ans d’âge. Les filières ont été démontées afin d’aider l’immense génois à passer lors des virements, le pont au teck et les vernis sont entretenus comme le parquet d’un petit château. « Nous avons gagné quasiment toutes les épreuves classiques, remporté le championnat de Méditerranée il y a deux ans, et dernièrement les Voiles d’Antibes » explique son propriétaire-skipper. « Nous régatons avec un équipage de copains. En course, nous ne logeons ni à l’hôtel, ni ne louons une villa, mais dormons et dînons à bord. Notre numéro deux (équipier d’avant) italien est aussi le cuistot du bateau. » A observer l’équipage plaisantant dans le cockpit étriqué de Palynodie, il n’y a aucun doute quant à leur bonheur d’être aux « Royales » à Cannes. Et on se prend resque à rêver d’une One-Ton Cup « classic » ici même à Cannes, comme au bon vieux temps, et par une météo aussi phénoménale.

 

Les 5,5 MJI, sublimes voiliers métriques et les Dragon menés par des équipages au cv nautique long comme le bras, ont achevé les Régates Royales ce vendredi. En 5,5 MJI, le Polonais Mateuz Kuskinierewicz, champion olympique de Finn en 1996, s’impose très logiquement sur Aspire. Sur le rond des Dragon, un vent évanescent n’a pas permis de lancer les deux dernières manches. Leader jeudi, le Nordiste Géry Trentesaux (Bande à part) s’impose après une semaine de régates brillamment menée, et ajoute une nouvelle ligne à son exceptionnel palmarès dans les grandes courses hauturières. Avec son équipage composé de Christian Ponthieu, Sofian Bouvet et Jean Queveau, il remporte le French Open et le titre national, ce qui n’était pas arrivé depuis 17 ans, la dernière victoire française aux Régates Royales étant revenue à Louis Urvois, Gwen Chapalain et Sébastien Audigane. Bande à part devance Anapurna du Russe Anatoly Loginov, actuel numéro un mondial.

 

Résultats

 

La phrase du jour :

« Nous sommes évidemment très heureux de remporter cet Open de France lors des Régates Royales. Géry Trentesaux ne navigue que depuis deux ans en Dragon, mais n’a pas tardé à s’imposer parmi l’élite de la série, alors qu’il faut souvent des années pour parvenir à gagner. A Cannes, nous avions mis en place un fonctionnement assez nouveau avec Sofian Bouvet à la tactique et moi plus axé sur la performance. Nous n’étions pas malheureux en vitesse, et jeudi avons fait une super journée (1 et 2) pour prendre la tête. Nous avons eu la « chance » qu’aujourd’hui, les deux dernières courses soient annulées faute de vent. Battre le Russe Loginov qui a été à deux doigts de remporter la Gold Cup (le championnat du monde) est une satisfaction. »

Christian Ponthieu, équipier à bord du Dragon « Bande à part »

 

Le partenaire du jour :

« Les Régates Royales sont l’une des compétitions françaises emblématiques de la voile classique et de tradition. Cette grande épreuve internationale est un savant mélange entre les univers du Yachting et de la voile sportive, avec la participation de voiliers de prestige, et de classes internationales historiques comme les Métriques (5,5, MJI, 8 M JI ; 12 M JI), les Dragons. La FFVoile et la voile française peuvent compter sur l’engagement sans failles de l’ensemble des équipes bénévoles et salariées du Yacht Club de Cannes pour organiser cette grande classique dans l’écrin de rêve des Iles de Lérins, Croisette et Esterel, territoire français méditerranéen qui attire depuis de nombreuses années les visiteurs du monde entier à l’occasion de manifestations internationales incontournables. »

 

Les photos du jour :

(Port) : Le port de Cannes lors de ces 43ème Régates Royales. Photo Studio Borlenghi

(Palynodie) : Palynodie II dans la brise jeudi. Photo Studio Borlenghi

(Classic 15) : Cela régate dure dans la classe des « Marcni de moins de 15 mètres » Photo Studio Borlenghi

(5.5). Le Polonais Mateuz Kuskinierewicz, vainqueur en 5.5 MJI. Photo Studio Borlenghi

(Dragon) : Jean-François Cutugno président du YC Cannes, Christian Ponthieu et Géry Trentesaux vainqueurs en Dragon, et Jean-Marc Chiappni, adjoint aux sports à la mairie de Cannes lors de la remise des prix à Port Canto. Photo D Ravon

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